Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bienvenue sur le blog d'Open'Act

Hollande, Valls et Montebourg : Quels sont leurs styles sociaux ?

28 Août 2014 , Rédigé par François PHAM Publié dans #facilitant, #contrôlant, #promouvant

Hollande, Valls et Montebourg : Quels sont leurs styles sociaux ?

Les événements politiques récents vous ont peut-être fait vous interroger autant sur le fond du débat politico-économique que sur la forme et les caractères des protagonistes : François Hollande, Manuel Valls et Arnaud Montebourg.

La grille d’analyse que nous propose le concept des styles sociaux fournit une aide précieuse pour décoder le jeu et les réactions des différents acteurs lors de cette nouvelle péripétie de notre vie politique française.

Et en premier lieu celui d’Arnaud Montebourg. Flamboyant, voire charismatique pour certains, M. Montebourg n’hésite pas à prendre des initiatives et des risques. Il a le verbe haut et démontre une assurance que certains jugent comme étant de l’arrogance. Démonstratif, il aime être en première ligne et ne manque pas de se « vanter » de ses succès. En un mot, c’est un promouvant.

Il n’est donc pas surprenant de l’avoir vu prendre la tête des ministres « frondeurs » et braver son Président comme son Premier Ministre. A-t-il voulu délibérément sortir (ou être sorti du gouvernement) pour ne pas couler avec le bateau comme certains le disent ? Probablement.

A-t-il anticipé et appréhendé tous les risques que sa posture pouvait engendrer ? Certainement pas. Manuel Valls n’est pas Jean-Marc Ayrault d’une part et son initiative très personnelle n’a pas forcément rallié à Arnaud Montebourg le clan des frondeurs au sein du parti socialiste.

Autre personnage et autre tempérament : Manuel Valls. Faisant preuve d’autorité (voire d’autoritarisme aux dires de certain(es), déterminé et pragmatique, notre Premier Ministre est une bonne illustration du style social contrôlant. Convaincu que l’avenir du pays – et bien sûr le sien également – passe par une politique de rigueur économique et de réduction des déficits, rien ne peut le faire changer de trajectoire.

Soucieux de la cohérence gouvernementale (« Je ne veux voir qu’une seule tête »), il a donc dû s’étrangler quand il a entendu le discours d’Arnaud Montebourg lors de la Fête des Roses. Sa réaction a été immédiate et tranchée. Il a soumis la démission de son gouvernement auprès de François Hollande. L’affront fait par Arnaud Montebourg à son autorité a dû être aussi insupportable que celle éprouvée par Jacques Chirac face à l’annonce de la candidature à la présidence d’Edouard Balladur et du soutien actif d’un certain Nicolas Sarkozy à une autre époque. Tout est ainsi dit sur l’amitié en politique… Mais à la place de M. Montebourg, je me méfierais car pour les contrôlants, la vengeance est aussi un plat qui se mange froid.

Enfin, François Hollande. Certains plaisantins diraient que sa principale caractéristique est non pas l’humilité mais l’humidité tant depuis son investiture il brave les cieux et subit averses et tempêtes à chaque sortie présidentielle. Plus sérieusement, avec notre Président, nous avons un bel exemple de style social facilitant. Prônant la discussion et le consensus, l’homme de synthèse du parti socialiste aura finalement perdu plus de deux ans de sa présidence avant d’affirmer sa ligne politique et économique sociale libérale. Sa volonté de rassembler toutes les sensibilités politiques l’ayant aidé à conquérir le plus haut poste de la France s’est traduit par les fameux « couacs » gouvernementaux, et plus grave, par deux années de quasi immobilisme pour un pays en mal de réforme.

Peut-être la détermination de Manuel Valls déteindra sur ses décisions – ne dit-on pas que les facilitants sont influençables ? – mais rien n’est moins sûr, car si notre Président est facilitant, il compte peu de véritables amis auxquels il prête une oreille attentive, et sûrement pas le Premier Ministre.

Partager cet article

Commenter cet article